La Fondation Wikimédia amorce un tournant stratégique : à partir du 1er juillet, l’intelligence artificielle s’invite sur Wikidia pour soutenir ses contributeurs, sans remplacer l’humain.
Mercredi 30 avril, la Fondation Wikimédia a dévoilé sa stratégie d’intelligence artificielle, qui s’étendra du 1er juillet 2025 au 30 juin 2028, avec une révision annuelle — voire exceptionnelle — si nécessaire. Objectif affiché : redonner du temps aux éditeurs bénévoles en automatisant certaines tâches comme la recherche d’informations, la traduction ou encore la détection de modèles récurrents. L’IA interviendra aussi pour lever des obstacles techniques, notamment dans la modération de contenus : elle épaulera les modérateurs en repérant les contributions problématiques et en fluidifiant leurs tâches répétitives. Autre avancée notable : l’accompagnement des nouveaux contributeurs via un système de mentorat guidé par IA, pour faciliter leur intégration.
L’humain reste au cœur de l’encyclopédie libre ?
Malgré cette montée en puissance de l’automatisation, la Fondation insiste sur la place irremplaçable des humains. « Leur rigueur et leur engagement envers un savoir encyclopédique fiable sont des qualités que l’intelligence artificielle ne peut pas remplacer », rappelle-t-elle. Les contributeurs se concentreront désormais sur des rôles à haute valeur ajoutée : l’édition, les discussions communautaires, la recherche de consensus ou encore la prise de décisions éditoriales. Ce virage illustre une mutation plus large, affectant toutes les structures où la production et la modération reposent sur l’humain. On peut déjà envisager trois impacts supplémentaires : une meilleure inclusion linguistique grâce à la traduction assistée, une détection plus fine des comportements abusifs, et une montée en compétences des contributeurs formés à l’usage des outils d’IA.
L’IA s’annonce donc comme une assistante précieuse, mais non une remplaçante. Une cohabitation à suivre de près, à l’heure où d’autres plateformes communautaires s’interrogent sur leur propre mutation numérique.